QUATRIÈME DE COUVERTURE
 
Notre vue est bien trop courte et notre perspective trop étroite pour considérer que le régime de l’art et de la culture dans la société occidentale est installé pour toujours. L’erreur des nouveaux paradigmes théoriques, philosophiques et esthétiques est probablement d’entériner sans sourciller le pseudo-consensus universaliste, le justifiant et le légitimant par là même sans le soumettre à un examen critique et interprétatif.
 
Aux discours qui, aujourd’hui, brossent complaisamment l’Histoire dans le sens du poil, il conviendrait d’opposer l’exigence de Walter Benjamin invitant à penser cette même histoire à rebrousse-poil. D’une telle lecture rétroactive de la modernité, avec ses attentes et ses espoirs momentanément déçus, pourrait bien émerger quelque idée intempestive et anticipatrice au regard du Zeitgeist dominant, mélange de résignation, se soumission, d’abdication et de compromission. Telle est la perspective de ceux qui dans ce volume, assignent à la création musicale, poétique ou cinématographique et, plus généralement à la théorie de l’art, la tache de défier en permanence un mécanisme fondé sur l’hédonisme, le divertissement, le prétendu pluralisme culturel et de démasquer un système suffisamment roué pour concocter les mystification et les simulacres nécessaires à sa survie. Qu’il revienne à l’artiste et au philosophe de résister aux sollicitations pressantes de la société plutôt que d’en subir les formes multiples et parfois subtiles de conditionnement ne relève pas d’un projet utopique, c’est déjà imaginer un programme.
 
Textes de
Claude Amey, Valérie Arrault, Pierre Albert Castanet, Christine Esclapez, Christian Hauer, Françoise Julien-Casona, Julien Milly, Florent Perrier, Danièle Pistone, Béatrice Ramault-Chevassus, Sébastien Rongier, Michel Serceau, Geneviève Clancy et Philippe  Tancelin.
 
 
Imaginaires et Utopie du XXI siècle
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